Bosselle à anguille : définition, fabrication, réglementation et technique de pêche
La bosselle à anguille est un piège conique à deux goulets anti-retour.
- Longueur standard de 80 cm pour la nasse.
- Maille de 10 mm pour éviter l’évasion des petites anguilles.
- Ouverture réglementaire limitée à 40 cm de diamètre.
- Fabriquée traditionnellement en osier, ronce ou châtaignier.
- Version moderne en grillage plastifié résistant à l’eau.
Réglementation de la pêche à l’anguille en France
La pêche à l’anguille est strictement encadrée, notamment pour protéger l’espèce menacée. Les engins utilisés ne peuvent dépasser 1 mètre de profondeur ni 60 centimètres de largeur, avec un diamètre d’entrée maximum de 40 centimètres.
Pour les pêcheurs amateurs, la capture des civelles de moins de 12 cm est totalement interdite. Cette mesure, issue du décret n°2010-1110 du 22 septembre 2010 et de l’article R436-65-3 du Code de l’environnement, vise à préserver le renouvellement de l’espèce. La réglementation varie aussi selon les 3 départements du Marais poitevin (85, 79, 17), où des règles locales s’appliquent.
Description d’une nasse ou bosselle à anguilles

| Caractéristique | Dimension | Détail technique |
|---|---|---|
| Longueur totale | 80 cm | Dimension standard de la nasse |
| Maille du grillage | 10 mm | Empêche l’évasion des petites anguilles |
| Ouverture maximale | 40 cm | Diamètre d’entrée réglementaire |
| Goulets | 2 entrées | Système anti-retour conique |
| Matériau actuel | Grillage plastifié | Résistant à l’eau et durable |
| Matières traditionnelles | Osier, ronce, châtaignier | Fabrication artisanale en marais |
La bosselle à anguille se présente comme un piège allongé et conique, fermé à une extrémité et muni d’une ouverture étroite à l’autre. Les versions modernes utilisent un grillage plastifié à maille de 10 mm, ce qui offre une bonne visibilité sous l’eau tout en respectant les tailles de capture autorisées. L’anguille pénètre par un premier goulet, puis un second, et se retrouve bloquée par le dispositif anti-retour : les lamelles souples se referment derrière elle. Le pêcheur accède à la prise via une ouverture refermable située à l’arrière de la nasse. Que la bosselle soit tressée en bois de châtaignier ou fabriquée en grillage industriel, son principe de fonctionnement reste inchangé depuis des siècles : attirer l’anguille dans un espace confiné dont elle ne peut plus ressortir.
Fabrication traditionnelle d’une bosselle en bois de châtaignier
- Bois de châtaignier obligatoire : ce matériau est privilégié pour sa souplesse naturelle et sa résistance à l’humidité, indispensables dans les marais.
- Écorçage et fendage des perches : les branches sont d’abord débarrassées de leur écorce, puis fendues en lanières fines pour former les brins de tressage.
- Assemblage immédiat post-ramassage : le bois fraîchement coupé est travaillé sans attente, car une fois sec, il devient cassant et impossible à tresser.
- Garde d’entrée et anti-retour : le collet est sculpté de façon à former un goulet étroit que l’anguille franchit facilement, mais qui l’empêche de ressortir.
- Durée totale : deux jours : la confection d’une seule bosselle requiert environ deux jours de travail artisanal, du débit du bois à la finition du tressage.
Migration de l’anguille d’Europe
L’anguille d’Europe est un poisson au cycle de vie fascinant. Elle effectue deux très longues migrations transatlantiques au cours de son existence, un parcours unique qui a toujours intrigué les pêcheurs traditionnels.
Stades de vie et parcours migratoire
- Naissance en mer des Sargasses : les larves naissent dans cette zone de l’océan Atlantique, près des Bermudes, à plus de 5 000 km des côtes européennes.
- Civelle : stade larvaire transparent : les larves dérivent pendant des mois jusqu’à la façade atlantique française. À leur arrivée, elles mesurent 5 à 6 cm et sont transparentes : on les appelle civelles ou pibales.
- Remontée des fleuves en eau douce : les civelles pénètrent dans les estuaires et remontent les cours d’eau, dont ceux du Marais poitevin, où elles se pigmentent et grandissent.
- Retour vers la mer pour reproduction : après 5 à 20 ans de vie en eau douce, les anguilles argentées redescendent vers la mer des Sargasses pour se reproduire et mourir.
Cycle biologique lié à la pêche
Ce cycle explique pourquoi la pêche cible principalement deux stades : la civelle (stade transparent) à la montée des fleuves, et l’anguille jaune ou argentée dans les marais, piégée avec des bosselles. La réglementation interdit aux pêcheurs loisir la capture de civelles de moins de 12 cm afin de protéger le renouvellement de l’espèce. La densité exceptionnelle des civilles on compte jusqu’à 6 000 par kilogramme chez l’anguille japonaise montre à quel point ce stade est crucial pour la survie de l’espèce.
Pêche à la bosselle dans le Marais poitevin
Dans le Marais poitevin, la pêche à la bosselle perpétue une tradition locale. Un pêcheur posait environ 70 bosselles par jour, profitant des canaux et des conches du marais.
Cette technique, aussi appelée pêche à la nasse, capturait les anguilles en migration dans les fossés et les ruisseaux. Les pêcheurs du Marais poitevin utilisaient principalement des bosselles en châtaignier, un bois qui résiste bien à l’humidité des marais.
À découvrir aussi
La pêche à la bosselle partage l’esprit des techniques traditionnelles : la pêche à l’écrevisse se pratique elle aussi avec des nasses réglementaires, tandis que la pêche au coup reste la méthode la plus accessible pour débuter en eaux calmes.
Le travail du bois demande du temps, comme pour bien d’autres équipements professionnels. Un chafing dish garde les plats au chaud lors des buffets, tandis qu’un bain-marie convient aux sauces et purées. Selon le nombre de couverts, on opte pour un modèle compact ou une armoire chaude, et le mode de service guide aussi le choix du matériel.
Aujourd’hui, la pratique reste autorisée sous conditions, notamment dans les trois départements du marais : Vendée (85), Deux-Sèvres (79) et Charente-Maritime (17). La réglementation encadre strictement le nombre d’engins et leurs dimensions pour préserver l’espèce.
Questions fréquentes sur la bosselle et la pêche à l’anguille
Qu’appelle-t-on exactement une bosselle à anguille ?
Une bosselle à anguille est un piège de pêche traditionnel, tissé en bois de châtaignier fendu. Il se compose d’un entonnoir inversé (le goulot) permettant à l’anguille d’entrer, puis d’une chambre de captivité large et arrondie (le ventre ou la bosse), d’où l’animal ne peut ressortir.
Combien coûte un kilogramme de civelle sur le marché ?
Le kilogramme de civelle (alevin d’anguille) peut fluctuer entre 150 et plus de 1 000 euros selon la saison, la demande asiatique et les quotas de pêche. Ce prix très élevé s’explique par la rareté de l’espèce, classée en danger critique d’extinction.
Quelle est la différence entre une bosselle et une nasse ?
La bosselle est une variante de la nasse, spécifiquement conçue pour l’anguille. Elle se distingue par son entonnoir long et étroit (le goulot) et son fond bombé, empêchant l’anguille de s’enfoncer dans la vase. Les nasses classiques ont une forme plus cylindrique et un goulot plus court.
La pêche récréative de l’anguille est-elle autorisée aujourd’hui ?
Non, la pêche récréative de l’anguille argentée (adulte) est interdite en France depuis 2018. Seule la pêche professionnelle reste très encadrée, avec des quotas stricts. La pêche de loisir à la civelle est également prohibée sur tout le territoire.
